Ecoutons Georges Bemberg commenter la naissance
de la Fondation qui porte son nom :
"Lorsque je m'avisai de présenter à
un conservateur de musée américain les
cinq albums illustrés présentant les oeuvres
d'art que j'avais rassemblées pendant plus de
trente ans, il s'écria d'un ton blasé
un "Ah oui, je vois, c'est une collection privée...",
qui me laissa perplexe".
"Il s'agissait en somme d'un
ensemble de toiles, de bronzes, de bibelots de qualité,
séduisant sans doute, mais acquis par caprice
ou fantaisie, pour le seul plaisir de l'acheteur. Une
telle collection privée ne satisfait pas, pour
autant, aux exigences d'un musée. Loin de là.
Des objets de bon goût ne méritent pas
nécessairement d'être présentés
au public, voire aux initiés.
Durant les cinq années que
dura la réfection de l'hôtel d'Assézat,
je m'employai à trier les tableaux qui étaient
destinés à la Fondation. Avec le concours
de spécialistes avertis, j'éliminai les
oeuvres de petits maîtres, les fignoleurs de talent,
les erreurs de jeunesse, que je m'efforçai de
remplacer par des créations puissantes, dites
majeures, dignes d'être exposées dans un
musée.
La rigueur que je me suis imposée
me permet d'espérer que l'hôtel d'Assézat,
remanié au dehors comme au dedans, méritera
une visite. Le collectionneur, devenu mécène,
oublie trop souvent de se soucier du public" 